Étouffer

Extrait d'une confession

Je me suis longtemps demandé si j'allais un jour publier, partager mes écrits. J'ai jugé mes textes pendant des années, me suis sentie honteuse d'avoir écrit ce que j'avais écrit...Pis encore, je me sentais coupable, coupable de mes émotions et de leur intensité, de mes mots mitraillettes, de mon honnêteté, d'être moi finalement! Je me suis épuisée à tout refouler. J'ai eu envie de me ''guérir'' une fois pour toutes, tout cracher, question de ne plus en avoir la nausée.  Je vous présente l'extrait d'un texte de plusieurs pages que j'écrivis à la même époque où je peignis ce coroplaste.

Août 2011, Chili, Puertecillo

''J'étouffe, j'étouffe, l'air chaud m'étouffe, j'étouffe dans ma prison, dans mon corps, dans ma tête et dans mon âme. Ma propre existence m'étouffe, je voudrais sortir de mon corps et aller me promener, ne serait-ce qu'un instant....

Je suis enfin à l'extérieur, je respire l'air frais, j'entends la mer et sens le soleil chaud sur ma peau. Malgré la musique océanique et la chaleur solaire, j’ai le cœur froid, je suis tout autant angoissée. Dans ma prison ou à l'extérieur, c'est du pareil au même. Mon angoisse me hante, m'empoisonne le jour qui se lève et la nuit qui tombe, me salit l'âme et me poignarde le cœur.''